Comment obtenir une indemnisation après une infraction pénale ?

François des minières - Cabinet d'avocats Angoulême
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Une infraction pénale peut entraîner des conséquences physiques, psychologiques ou matérielles. Au-delà de la procédure destinée à établir les faits et, le cas échéant, à sanctionner leur auteur, la question de la réparation du préjudice subi peut également se poser.

En droit français, plusieurs démarches permettent à une victime de demander une indemnisation. Leur mise en œuvre dépend notamment de la nature du préjudice, du déroulement de la procédure pénale et des conditions prévues par la loi.

La constitution de partie civile, la demande de dommages et intérêts et les dispositifs d’indemnisation des victimes répondent à des objectifs distincts. Il est donc utile de comprendre leur fonctionnement général avant d’aborder les différentes étapes d’une procédure.

Quels préjudices peuvent être indemnisés après une infraction pénale ?

L’indemnisation vise à réparer les conséquences du dommage subi par la victime. Selon les circonstances, ce préjudice peut être corporel, matériel, moral ou économique. Les dommages corporels peuvent notamment concerner des blessures, des séquelles ou les conséquences d’une atteinte à l’intégrité physique. Le préjudice moral peut correspondre aux souffrances psychologiques liées aux faits. Quant au préjudice matériel, il peut résulter, par exemple, de la dégradation ou de la perte d’un bien. Une infraction peut également entraîner des conséquences financières : frais médicaux restant à la charge de la victime, dépenses liées aux soins, pertes de revenus ou frais directement liés aux faits. Ces éléments doivent être appréciés en fonction de leur réalité et des justificatifs disponibles. Il existe une nomenclature dite « DINTILHAC » qui permet de lister l’ensemble des catégories/postes possibles de préjudice. L’évaluation du préjudice ne repose pas sur un montant identique pour toutes les victimes. Elle dépend de la nature du dommage, de son importance, de ses conséquences et des règles applicables à la situation. Les certificats médicaux, factures, justificatifs de dépenses ou documents relatifs à une perte de revenus peuvent contribuer à établir la réalité du préjudice. Dans certaines situations, une expertise médicale ou technique peut également être nécessaire. La réparation du dommage constitue ainsi une question distincte de la sanction pénale éventuellement prononcée contre l’auteur des faits.

La constitution de partie civile : quel est son rôle ?

La constitution de partie civile permet à une personne qui se considère victime d’une infraction de participer à la procédure pénale et de demander réparation de son préjudice.

Elle ne doit pas être confondue avec le dépôt de plainte. La plainte vise à porter des faits à la connaissance des autorités compétentes, tandis que la constitution de partie civile permet notamment de présenter une demande d’indemnisation dans le cadre de la procédure pénale.

Selon la situation, cette démarche peut intervenir à différents stades de la procédure. Les modalités varient notamment selon que l’affaire est déjà examinée par une juridiction, qu’une information judiciaire est ouverte ou que des poursuites ont été engagées.

La demande de dommages et intérêts doit exposer les préjudices invoqués et préciser les sommes réclamées. Les éléments permettant de justifier ces demandes sont importants pour que la juridiction puisse les examiner.

La juridiction pénale peut statuer sur les intérêts civils dans les conditions prévues par la loi. La demande d’indemnisation ne se confond toutefois pas avec la décision portant sur la culpabilité et la peine.

Les règles applicables dépendent du contexte procédural. Pour une présentation générale des démarches, le site officiel Justice.fr détaille les principales voies permettant de demander réparation.

CIVI et SARVI : quels dispositifs d’indemnisation existent ?

Lorsque l’indemnisation par l’auteur des faits n’est pas possible ou que certaines conditions particulières sont réunies, des dispositifs spécifiques peuvent être envisagés. La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) et le Service d’aide au recouvrement des victimes d’infraction (SARVI) n’ont cependant ni le même rôle ni les mêmes conditions d’intervention.

La CIVI permet, sous certaines conditions légales, de demander une indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions (FGTI).
Les conditions dépendent notamment de la nature et de la gravité du préjudice ainsi que, dans certains cas, de la situation financière de la victime. Les règles diffèrent selon les situations concernées.

Le SARVI répond à une autre problématique : il peut intervenir pour aider certaines victimes à recouvrer les dommages et intérêts accordés par une décision de justice lorsque la personne condamnée ne les a pas versés. Son intervention est soumise à des conditions précises, notamment concernant la décision obtenue et les possibilités de recours à d’autres dispositifs.

Ces mécanismes ne sont donc pas interchangeables. L’existence d’une infraction ne suffit pas, à elle seule, à garantir l’accès à l’un ou l’autre de ces dispositifs.

Pour connaître les conditions applicables, il est recommandé de consulter les informations officielles relatives à la CIVI et au SARVI.

Le cabinet de Maître François des MINIERES accompagne ses clients pour saisir la CIVI et le SARVI et obtenir auprès de l’indemnisation de leur préjudice.

Pourquoi les démarches d’indemnisation nécessitent-elles une attention particulière ?

Une demande d’indemnisation suppose de distinguer les faits dénoncés, les préjudices invoqués et les éléments permettant de les justifier. La démarche peut également dépendre du stade de la procédure pénale et des décisions déjà rendues.

Les pièces utiles varient selon la situation. Il peut notamment s’agir de documents médicaux, de factures, de justificatifs de revenus, de documents relatifs aux biens endommagés ou de pièces issues de la procédure. Leur pertinence dépend du préjudice dont la réparation est demandée.

Les délais méritent également une attention particulière. Les règles ne sont pas identiques selon que la demande est présentée devant une juridiction pénale, devant une juridiction civile ou auprès d’un dispositif d’indemnisation. Pour la CIVI, par exemple, des délais légaux s’appliquent, avec des règles spécifiques selon les circonstances.

Enfin, l’indemnisation et le recouvrement des sommes accordées sont deux questions différentes. Une décision accordant des dommages et intérêts ne signifie pas nécessairement que le paiement sera immédiat.

La compréhension de ces différentes étapes permet de mieux appréhender les possibilités prévues par le droit. Lorsque la situation nécessite une analyse juridique, un premier échange avec un avocat permet de présenter les faits et de déterminer quelles questions doivent être examinées au regard de la procédure concernée.

Questions fréquentes sur l’indemnisation d’une victime d’infraction pénale

L’indemnisation vise à réparer les préjudices subis à la suite d’une infraction. Selon les circonstances, ceux-ci peuvent être corporels, matériels, moraux ou économiques. La demande peut notamment porter sur des dommages et intérêts dans le cadre d’une procédure judiciaire. Des dispositifs spécifiques existent également pour certaines victimes, sous réserve de conditions légales. Les modalités de réparation dépendent de la situation et des préjudices concernés.

Le dépôt de plainte permet de signaler des faits susceptibles de constituer une infraction aux autorités compétentes. La constitution de partie civile permet à la victime de participer à la procédure pénale et, notamment, de demander réparation de son préjudice. Ces démarches répondent donc à des objectifs distincts. Leurs modalités dépendent du stade de la procédure et des circonstances de l’affaire.

La Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (CIVI) est un dispositif permettant, sous certaines conditions, de demander une indemnisation auprès du Fonds de garantie des victimes. L’accès à ce mécanisme dépend notamment de la nature de l’infraction, de la gravité du préjudice et, dans certaines situations, des ressources de la victime. Les conditions et les délais doivent être vérifiés au regard des règles applicables.

Il est possible d’obtenir auprès de la CIVI l’organisation d’une expertise judiciaire de type DINTILHAC pour permettre d’évaluer le préjudice corporel de la victime, poste par poste (avant et après consolidation) et dans un premier temps d’obtenir le cas échéant une provision.

Grâce à cette expertise, il sera ensuite possible d’évaluer et de liquider le préjudice devant la CIVI. Celle-ci à l’avantage pour les victimes d’être gratuite (à la différence de celles sollicitées lors des audiences sur intérêts civils si l’on ne dispose pas du bénéfice de l’aide juridictionnelle).

La consolidation d’un préjudice corporel est le moment médico-légal où l’état de santé d’une victime d’accident (accident de la route, accident du travail, erreur médicale, etc.) se stabilise.

Être consolidé ne signifie pas que la victime est guérie. Cela signifie que les blessures ne sont plus susceptibles d’évoluer de façon prévisible (elles laissent des séquelles qui ont un caractère définitif).

Cette date est obligatoirement déterminée par un médecin expert.
La consolidation est le point de départ nécessaire pour permettre l’indemnisation définitive des préjudices corporels.

Le Service d’aide au recouvrement des victimes d’infraction (SARVI) peut aider certaines victimes à obtenir le paiement des dommages et intérêts accordés par une décision de justice lorsque la personne condamnée ne les verse pas. Son intervention est soumise à des conditions précises. Il ne s’agit pas d’un dispositif ouvert automatiquement à toutes les victimes : les critères d’éligibilité et les démarches doivent être vérifiés avant toute demande.

Le SARVI permet aux victimes de prétendre obtenir une indemnisation dans l’indemnisation où elles ne rempliraient pas les conditions pour saisir la CIVI.

Le montant de l’indemnisation versé par le SARVI (Service d’Aide au Recouvrement des Victimes d’Infractions) dépend du montant des dommages et intérêts fixés par la décision de justice :

Condamnation inférieure ou égale à 1 000 € : le SARVI verse 100 % de la somme due.

Condamnation supérieure à 1 000 € : le SARVI verse une avance de 30 % du montant, avec un encadrement strict :
-Un minimum de 1 000 € ;
-Un maximum de 3 000 € ;

A la différence du SARVI, le montant des sommes allouées par la CIVI à la victime n’est pas plafonné à un montant maximal (cf. supra) mais à vocation à lui assurer une réparation intégrale de son préjudice.

De ce fait, les conditions de saisine de la CIVI sont plus restrictives que celles du SARVI.

Les conditions de saisine de la CIVI sont définies aux articles 706-3 et suivants du Code de procédure pénale.
La saisine de la CIVI concerne les cas d’atteintes graves à la personne (incapacité totale de travail / ITT supérieure à 1 mois, séquelles permanentes, viol, agression sexuelle, meurtre, blessures graves, etc.).

L’auteur des faits peut être inconnu, insolvable ou non condamné.

La personne lésée doit être de nationalité française ou les faits doivent avoir été commis sur le territoire national.

À peine de forclusion, la demande d’indemnité doit être présentée dans le délai de trois ans à compter de la date de l’infraction.

Lorsque des poursuites pénales sont exercées, ce délai est prorogé et n’expire qu’un an après la décision de la juridiction qui a statué définitivement sur l’action publique ou sur l’action civile engagée devant la juridiction répressive.

Toutefois, la commission relève le requérant de la forclusion lorsque l’information prévue à l’article 706-15 n’a pas été donnée, lorsque le requérant n’a pas été en mesure de faire valoir ses droits dans les délais requis ou lorsqu’il a subi une aggravation de son préjudice ou pour tout autre motif légitime. Lorsque l’infraction est commise à l’encontre d’un mineur, le délai de forclusion ne court qu’à compter de la majorité de ce dernier.

Les documents utiles dépendent de la nature du préjudice invoqué. Il peut s’agir de certificats médicaux, de factures, de justificatifs de dépenses, de documents relatifs à une perte de revenus ou de pièces établissant un dommage matériel. Dans certaines situations, une expertise peut être nécessaire. Ces éléments permettent de documenter les conséquences de l’infraction, sans garantir à eux seuls l’acceptation d’une demande d’indemnisation.

Pas nécessairement. Selon la situation et la voie utilisée, une demande peut être présentée à différents stades de la procédure. Les règles applicables dépendent notamment de la juridiction saisie et du dispositif envisagé. Certains mécanismes prévoient leurs propres conditions et délais. Il est donc important de distinguer les démarches judiciaires des demandes adressées à un organisme d’indemnisation.

Vous souhaitez obtenir des informations sur l’accompagnement d’une victime ?

Maître François des Minières intervient en droit pénal, notamment pour accompagner les victimes dans le cadre des procédures pénales.

Le cabinet de Maître François des MINIERES vous assiste à toutes les étapes de la procédure devant le CIVI : rédaction d’une requête aux fins de saisine de la CIVI, assistance lors de l’expertise médicale, transaction avec le Fonds de Garanties (FGTI) et le cas échéant son inspecteur régleur, audience de plaidoirie devant la CIVI.

Pour obtenir des informations sur les modalités d’intervention du cabinet, vous pouvez prendre un premier contact par téléphone ou par e-mail. Cet échange permettra de présenter la situation et de déterminer si un accompagnement juridique est adapté.